VISION 2035

À PROPOS

La vision 2035 est une vision stratégique à long terme pour la République de Djibouti. Elle a pour objectif de positionner le pays comme une plaque tournante de l’économie régionale et continentale. Elle a été développée en concertation avec la jeunesse djiboutienne, les partis politiques, la société civile, le secteur privé, et les partenaires internationaux du développement ; et reflète donc un ensemble d’objectifs économiques, politiques, et sociaux pour toute la société.

La mise en oeuvre de la vision Djibouti 2035 se fera à travers les stratégies qui sous-tendent chacun des piliers identifiés.

Ces stratégies ont été élaborées par un rapprochement entre la vision déterminée d’une part, et d’autre part, les incertitudes ou questions stratégiques et les orientations stratégiques liées aux évolutions possibles de développement à long terme du pays.

Paix et Unité nationale

Au plan interne, en 2035 la paix, l’unité et la solidarité seront renforcées, vécues et partagées. Dès à présent, l’Etat mettra en oeuvre toutes les actions pour maintenir et renforcer les cadres institutionnels, voire traditionnels de conciliation, de renforcement de la cohésion sociale et de promotion de la solidarité́ nationale. L’État et les populations s’engagent à utiliser toutes les mesures de prévention et de gestion des conflits à travers la promotion du dialogue, la recherche du consensus et l’instauration d’une culture de paix. Égaux devant la loi, les djiboutiens et djiboutiennes se sentiront plus solidaires, plus en sécurité́ et mieux disposés pour construire leur pays dans la paix.

Les initiatives conjointes, notamment des pays membres de l’IGAD et de l’Union Africaine pacifieront d’ici là l’espace de la sous région. En outre, la présence de plusieurs forces militaires étrangères, notamment les bases militaires française, américaine et japonaise, et l’installation prochaine d’autres bases militaires étrangères, assureront une surveillance accrue du terrorisme et de la piraterie, et une sécurité renforcée de l’entrée de la Mer rouge, mais aussi de la sous région. Le conflit frontalier de Ras Douméira aura été définitivement résolu.

A l’horizon d’une génération, une société de Djiboutiens et Djiboutiennes profondément acquise aux valeurs démocratiques sera une réalité, fortifiée par des Institutions efficaces qui respectent la loi et la font appliquer, et un leadership légitime, affirmé face aux défis. L’exercice du pouvoir sera marqué par la confiance entre gouvernants et gouvernés, parce que le gouvernement rend compte périodiquement de la gestion des affaires de l’Etat, notamment de l’utilisation transparente des ressources publiques, et demeure ouvert aux critiques des citoyens.

Une société civile formée aux valeurs morales, civiques, et à la citoyenneté, consciente de ses obligations participera pleinement à la définition des politiques et à la prise de décisions. Les medias contribueront à améliorer la bonne gouvernance, et la bonne gestion de la chose publique. Les djiboutiens et djiboutiennes s’engageront à établir définitivement d’ici là l’Etat de Droit. Cela exigera la mobilisation de toute la population et des ressources considérables.

Économie diversifiée et compétitive, avec comme moteur le secteur privé

Les Etudes rétrospectives et les tendances lourdes identifiées indiquent que la faiblesse de la croissance et sa répartition inégale constituent une des causes majeures de l’exacerbation de la pauvreté au cours des deux dernières décennies.

Djibouti 2035 ambitionne un important relèvement du niveau de vie moyen à un rythme de progression du PIB par habitant, de 10% par an. La recherche d’une croissance forte, stable et durable constitue un soubassement essentiel de la période. Cela exige la construction d’un modèle économique fondé sur l’approfondissement du libéralisme, sur une plus grande valorisation des capacités des secteurs créateurs de richesse nationale, un rôle plus accru du secteur privé ainsi que la diversification des sources de revenus et d’emplois. Dans ce contexte, tous les facteurs de production disponibles seront valorisés pour placer l’économie sur un nouveau palier de croissance de 8 à 10% en moyenne par an en termes réels.

Ce rythme de la croissance sera possible grâce à une augmentation des services liés aux activités portuaires permises par la position stratégique du pays sur les grands courants d’échange entre l’Afrique de l’Est et l’Asie, et l’approvisionnement d’un important hinterland africain, à un développement d’activités de Transports, de Commerce et d’Industrie, et à une expansion des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication; il sera possible aussi grâce à l’exploitation des ressources minières peu ou non exploitées, et au nouvel élan qui sera donné au développement du potentiel économique des régions, de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Elevage et du Tourisme, avec de solides effets d’entraînements sur l’ensemble de l’Economie et sur l’Emploi.

Cette croissance économique et le développement seront repartis de manière équitable tant au niveau des régions que des différentes couches sociales, et en tenant compte du genre ; à cet égard, des instruments efficaces seront mis en place pour renforcer le rôle de la femme dans la gestion des ressources et de la production.

Le développement de la science et la technologie a toujours favorisé les mutations économiques et sociales et le progrès des sociétés. De nos jours, les pays en développement, y compris ceux ne disposant pas de ressources naturelles, ni de ressources financières énormes, privilégient cette voie à travers un processus d’innovations scientifiques et technologiques.

Notre pays sera doté d’un Pôle scientifique et technologique national aux fins de stimuler la créativité et les capacités d’innovation et d’invention des chercheurs nationaux car « il n’est de richesses que d’hommes » pour consolider la base du développement et accélérer le progrès. La création des industries mécaniques, d’automatisation, de chantiers navals, des zones économiques spéciales et des unités d’import-substitution sera une réalité à cet horizon là.

Enfin, la réalisation de ces performances reposera sur une vision et une direction claire, un leadership affirmé et une administration publique efficace, efficiente et compétitive, dotée d’excellentes capacités d’anticipation, de pilotage et de gestion.

A l’horizon 2035, le territoire sera développé et aménagé de manière équilibré et durable, à travers une judicieuse répartition de la population et des activités économiques. La conquête économique et le développement des régions constitueront une transformation essentielle et un atout majeur.

Le développement rural sera redynamisé et renforcé, et permettra ainsi d’augmenter les revenus des populations et de les stabiliser dans leur milieu.

Si aucune société ne s’est développée dans un environnement à dominance rurale, la croissance urbaine sera contrôlée, et la croissance démographique de la capitale sera maitrisée à travers une planification urbaine de son développement. La population de Djibouti-ville et des chefs-lieux des régions représentera moins de 75% par rapport à la situation actuelle.

La Consolidation du capital humain

Assurer le bien être des djiboutiens et djiboutiennes constitue la finalité du développement à long terme, prenant l’individu à la fois comme acteur et bénéficiaire. Le bien être se fonde sur les aspirations profondes des populations et vise à apporter des réponses appropriées à leurs besoins en matière de santé, d’éducation-formation et d’emplois, d’habitat et de logement, de loisirs et de cadre de vie, etc.

Le développement du capital humain à travers des formations initiales appropriées, des programmes de perfectionnement spécifiques et l’importation des expertises internationales pointues, seront nécessaires, non seulement pour réaliser la vision mais pour créer un pôle de connaissances et compétences, notamment scientifiques et techniques, et d’expertises nationales.

Le progrès social et l’amélioration des conditions de vie figurent au centre de la stratégie de développement à long terme de notre pays. La prospérité que la Vision permettra de réaliser devra se traduire par une création réelle de richesse qui profitera à tous les Djiboutiens.

Les progrès se rapportent notamment à la réduction de la pauvreté, à l’amélioration des indicateurs de santé et de couverture sociale, à la qualité de l’éducation, à la promotion de la condition de la femme et des jeunes, à la création artistique et culturelle et à l’amélioration des conditions de logement.

Entre 1977 et 2010, on note une urbanisation rapide. La conséquence de ce phénomène est le développement rapide de quartiers précaires dopé par l’exode rural.

Le gouvernement mettra en place une politique de développement des villes sans bidonvilles.

Il s’agira pour ce faire de mettre en place des actions qui visent à contribuer à l’amélioration sensible du cadre de vie des djiboutiens et djiboutiennes par:

  • La promotion d’un habitat économique et l’accès à un logement décent;
  • L’assainissement du cadre bâti et de son environnement pour des villes propres.

Intégration régionale et Coopération internationale

Djibouti 2035 renforcera davantage l’ouverture du pays. La position géostratégique du pays le place d’abord fortement dans les échanges mondiaux et particulièrement dans les échanges entre l’Europe, l’Asie et le Moyen Orient d’une part, et d’autre part, le continent africain, notamment la Corne de l’Afrique, en tant que principale porte d’entrée commerciale de la Mer Rouge. Ensuite, l’option libérale de son économie favorise et accentue son ouverture pour mieux tirer profit des échanges mondiaux et des Investissements Directs Étrangers.

Aujourd’hui, le commerce mondial est en forte croissance et la construction des blocs commerciaux régionaux s’accélère, une part importante du commerce mondial se réalise dans les aires d’intégration régionale. Djibouti 2035 ambitionne de participer pleinement au pilotage des mutations et de l’édification des ensembles sous régionaux, de l’intégration régionale et de la mondialisation.

Qu’il s’agisse de l’IGAD, du COMESA, de l’Union Économique Africaine et de l’OMC, notre pays sera un partenaire actif qui participe et bénéficie de la libéralisation des échanges commerciaux, des opérations de capital et d’une meilleure allocation du facteur travail afin de renforcer sa croissance, la productivité des facteurs et sa compétitivité.

Le développement et le renforcement de l’axe Djibouti-Ethiopie seront le socle de l’intégration régionale dans la perspective de la création d’un marché unique Djibouti-Ethiopie-Sud Soudan- Somali et l’Erythrée.

Vous trouverez ci-dessous le rapport sur la Vision 2035 en 3 langues